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| Poésie, proverbes et citations Recueil de poèmes, citations et proverbes. A partager et à discuter. |
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) A ma mère je me languis du pain de ma mère du café de ma mère des caresses de ma mère jour après jour l’enfance grandit en moi j’aime mon âge car si je meurs j’aurai honte des larmes de ma mère si un jour je reviens fais de moi un pendentif à tes cils recouvre mes os avec de l’herbe qui se sera purifiée à l’eau bénite de tes chevilles attache -moi avec une natte de tes cheveux avec un fil de la traîne de ta robe peut-être deviendrai-je un dieu oui un dieu si je parviens à toucher le fond de ton cœur si je reviens mets-moi ainsi qu’une brassée de bois dans ton four fais de moi une corde à linge sur la terrasse de ta maison car je ne peux plus me lever quand tu ne fais pas ta prière du jour j’ai vieilli rends-moi la constellation de l’enfance que je puisse emprunter avec les petits oiseaux la voie du retour au nid de ton attente
__________________ je me réfugie dans le siège pour affirmer mon identité... Mahmoud Darwich |
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) Les oiseaux L’on se verra bientôt… dans un an, deux ans, dans un siècle… et dans l’appareil photographique furent jetés vingt jardins et les oiseaux de la Galilée et la voilà partie, au-delà de la mer cherchant un sens nouveau à la vérité. ma patrie est une corde à sécher et les rubans du sang répandu à chaque minute… Et sable, et palmiers, je me suis étendu sur le rivage Les oiseaux ne savent point, ma Rita, que la mort et moi t’avons donné le secret de la joie fanée à la barrière douanière… Et nous voilà, la mort et moi, renaissant dans ton front premier, et dans la fenêtre de ta maison… deux visages… moi et la mort. Pourquoi fuis-tu? Pourquoi fuis-tu, à présent, ce qui de l’épi, fait les cils de la terre et du volcan, un autre visage du jasmin Mais pourquoi fuis-tu? Rien, la nuit, ne me fatiguait autant que son silence quand il s’étirait devant ma porte comme la rue, comme le vieux quartier… qu’il soit fait selon ta volonté, Rita ! Le silence serait une cloche des cadres d’étoiles ou un climat ou la sève bout ans les flancs de l’arbre. Je bois le baiser au tranchant des couteau Viens ! Qu’on appartienne à la boucherie !… comme des feuilles inutiles sont tombées les vols d’oiseaux dans les puits du temps ET me voilà, ma Rita, repêchant leurs ailes bleues. Je suis celui qui porte dans sa peau, gravée par les chaînes, une forme de la patrie.
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) Ils m’aiment mort Ils m’aiment mort pour pouvoir dire : il fut des nôtres, et il fut à nous. J’ai entendu les mêmes pas. Vingt ans qu’ils résonnent sur le mur de la nuit. Qu’ils viennent, mais ne poussent pas la porte. Ils sont entrés, cette fois. Boirez-vous du vin ? J’ai dit. Et ils ont répondu : Nous boirons ! Quand ferez-vous feu sur moi ? J’ai demandé. Et ils ont répondu : Patiente. Et ils ont alignés les coupes, puis se sont mis à glorifier le peuple. J’ai demandé : Quand commencerez-vous mon assassinat ? Ils ont dit : Nous avons commencé…Pourquoi as-tu envoyé des chaussures à l’âme ? Pour qu’elle puisse aller sur la terre ferme, j’ai dit. Pourquoi as-tu composé un poème blanc alors que la terre est noire ? J’ai dit : Parce que trente mers se déversent dans mon cœur. Ils ont alors dit : Pourquoi aimes-tu le vin de France ? J’ai dit : Parce que je suis digne de la plus belle des femmes. Comment souhaites-tu ta mort ? Bleue comme des étoiles qui coulent dans des plafonds. Boirez-vous encore un peu de vin ? Ils ont dit : Nous boirons. J’ai dit : Je vous demanderai d’être lents, de me tuer petit à petit pour que je compose un dernier poème à l’élue de mon cœur. Mais ils ont ri et, dans la maison, n’ont dérobé que les mots que je dirai à l’élue de mon cœur… Mahmoud Darwich. 1986
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) Inscris Inscris ! Je suis Arabe Le numéro de ma carte : cinquante mille Nombre d’enfants : huit Et le neuvième… arrivera après l’été ! Et te voilà furieux ! Inscris ! Je suis Arabe Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine Et j’ai huit bambins Leur galette de pain Les vêtements, leur cahier d’écolier Je les tire des rochers… Oh ! je n’irai pas quémander l’aumône à ta porte Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais Et te voilà furieux ! Inscris ! Je suis Arabe Sans nom de famille - je suis mon prénom « Patient infiniment » dans un pays où tous Vivent sur les braises de la Colère Mes racines… Avant la naissance du temps elles prirent pied Avant l’effusion de la durée Avant le cyprès et l’olivier …avant l’éclosion de l’herbe Mon père… est d’une famille de laboureurs N’a rien avec messieurs les notables Mon grand-père était paysan - être Sans valeur - ni ascendance. Ma maison, une hutte de gardien En troncs et en roseaux Voilà qui je suis - cela te plaît-il ? Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom. Inscris ! Je suis Arabe Mes cheveux… couleur du charbon Mes yeux… couleur de café Signes particuliers : Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré Et ma paume est dure comme une pierre …elle écorche celui qui la serre La nourriture que je préfère c’est L’huile d’olive et le thym Mon adresse : Je suis d’un village isolé… Où les rues n’ont plus de noms Et tous les hommes… à la carrière comme au champ Aiment bien le communisme Inscris ! Je suis Arabe Et te voilà furieux ! Inscris Que je suis Arabe Que tu as rafflé les vignes de mes pères Et la terre que je cultivais Moi et mes enfants ensemble Tu nous as tout pris hormis Pour la survie de mes petits-fils Les rochers que voici Mais votre gouvernement va les saisir aussi …à ce que l’on dit ! DONC Inscris ! En tête du premier feuillet Que je n’ai pas de haine pour les hommes Que je n’assaille personne mais que Si j’ai faim Je mange la chair de mon Usurpateur Gare ! Gare ! Gare À ma fureur ! Mahmoud Darwich - Rameaux d’olivier - 1964
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) « La Palestine comme Métaphore » « Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes et donne à ta vie une autre chance de restaurer le récit… » « Dans mon écriture, je m’avoue l’enfant de plusieurs cultures successives. Il y a place pour les voix juive, grecque, chrétienne, musulmane. La vision adverse concentre toute l’histoire de la Palestine dans sa période juive. Je n’ai pas le droit de leur reprocher la conception qu’ils ont d’eux-mêmes. Ils peuvent définir leur identité comme ils veulent. Le problème, c’est que cette conception de l’identité signifie la négation de celle de l’autre. » Mahmoud Darwich
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) Passagers parmi les paroles passagères Vous qui passez parmi les paroles passagères portez vos noms et partez Retirez vos heures de notre temps, partez Extorquez ce que vous voulez du bleu du ciel et du sable de la mémoire Prenez les photos que vous voulez, pour savoir que vous ne saurez pas comment les pierres de notre terre bâtissent le toit du ciel M.Darwich
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) « Adieu à ce qui adviendra » « Adieu à ce qui adviendra sous peu… adieu, Adieu à ce qu’apporteront les lieux. Ma nuit s’est confondue dans la nuit, mon sable dans le sable et mon coeur n’est plus bien public. Adieu à celle que j’aurai pour pays, à celle qui sera ma perdition. Je saurai comment je rêverai bientôt et comment rêver dans un an. Je saurai ce qui adviendra dans la danse de l’épée et du lis, Comment le masque m’ôtera le masque. Dois-je voler ma vie pour vivre d’autres minutes, quelques minutes entre labyrinthes et minaret. Assister à l’apocalypse dans la cérémonie des devins Et savoir ce que déjà je savais? J’ai vu… j’ai vu l’adieu. »
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) Les paroles de la chanson" Rita et le fusil" traduite en français ...elle raconte l'histoire d'amour véridique de Mahmoud Darwich "le palestinien" et Rita "l'israelienne" Entre Rita et mes yeux: un fusil et celui qui connaît Rita se prosterne adresse une prière à la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel moi, j'ai embrassé Rita quand elle était petite je me rappelle comment elle se colla contre moi et de sa plus belle tresse couvrit mon bras je me rappelle Rita ainsi qu'un moineau se rappelle son étang Ah Rita entre nous, mille oiseaux mille images d'innombrables rendez-vous criblés de balles. Le nom de Rita prenait dans ma bouche un goût de fête dans mon sang le corps de rita était célébration de noces deux ans durant, elle a dormi sur mon bras nous prêtâmes serment autour du plus beau calice et nous brulâmes dans le vin des lèvres et ressuscitâmes Ah Rita qu'est-ce qui a pu éloigner mes yeux des tiens hormis le sommeil et les nuages de miel avant que ce fusil ne s'interpose entre nous il était une fois Ô silence du crépuscule au matin, ma lune a émigré, loin dans les yeux couleur de miel la ville a balayé tous les aèdes, et Rita entre Rita et mes yeux, un fusil.
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) Envoyé par samsam En le lisant c'est la voix de Marcel Khalifa qui résonne dans ma tête!
C'est l'occasion où jamais de répondre en l'écoutant pour la énième fois! Cette histoire montre que l'amour abolit les frontières entre les races...les religions...les couleurs...les nationalité, car il est plus fort que tout...au delà de tout, et j'adore cette image...cette puissance de l'amour! J'aime cet amour sans frontières...universel!
__________________ Mamouchka veut dire, avant tout, être une maman, et il n'y a rien de plus doux! |
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) Envoyé par samsam Hier sur le quotidien de mon ile, j'ai trouvé une traduction du même poème de Mahmoud Darwich. Ce poème a été envoyé par un lecteur, afin qu'il paraisse dans la rubrique du lecteur.
Passants parmi des paroles passagères Vous qui passez parmi les paroles passagères Il est temps que vous partiez et que vous vous fixiez où bon vous semble mais ne vous fixez pas parmi nous il est temps que vous partiez que vous mouriez ou bon vous semble mais ne mourez pas parmi nous Nous avons à faire dans notre terre ici, nous avons le passé la voix inaugurale de la vie et nous y avons le présent, le présent et l'avenir nous y avons l'ici-bas et l'au-delà Alors, sortez de notre terre de notre terre ferme, de notre mer de notre blé, de notre sel, de notre blessure de toute chose, sortez des souvenirs de la mémoire Ô vous qui passez parmi les paroles passagères. |
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) Bravo Chère Corine pour cette traduction que tu viens de nous transmettre depuis ton ile...j'ajoute seulement que ce poème "Passagers parmi les paroles passagères" a déclenché des réactions vives dans le parlement israélien...Mahmoud Darwich a été accusé par des représentants de la droite israélienne de racisme...antisémitisme...et hostilité envers ses occupants ( le peuple juif)...et le poète a été amené à donner des clarifications supplémentaires pour éviter...des poursuites judiciaires internationales...!!!
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) Je continue à vous communiquer quelques poèmes traduits de Mahmoud Darwich...je souhaite que je réponds ainsi partiellement à la demande de notre Chère Mamouchka...cette demande a suscité en moi une grande réaction émotionnelle ce matin...toute ces traductions ont été mêlées à des larmes que je n'arrive jamais à économiser pour d'autres fins...Pour moi...le départ de Mahmoud Darwich est le plus grand désastre qu' a connu le monde culturel contemporain...chaque matin...je découvre de plus en plus...les détails de ce drame intellectuel...et j'en souffre énormément... سأصير يوما ما فكرة لا سيف يحملها... سأصير يوما طائرا واسل من عدمي وجودي كلما احترق الجناحان CONTREPOINT [Pour Edward Saïd] New York. Novembre. 5e Avenue. Le soleil est une soucoupe éclatée. A l'ombre, j'ai dit à mon âme étrangère : Cette ville est-elle Babylone ou Sodome ? Là-bas, il y a trente ans, j'ai rencontré Edward au seuil d'un abîme électrique haut comme le ciel. Les temps étaient moins contraires. L'un et l'autre nous avons dit : Si ton passé est expérience, que le lendemain soit sens et vision ! Partons, allons à notre lendemain, assurés de la sincérité de l'imagination et du miracle de l'herbe. Ce soir-là, je ne sais plus si nous avons été au cinéma mais j'ai entendu des Indiens anciens m'interpeller : Ne fais confiance ni au cheval ni à la modernité. Non. Aucune victime n’interroge son bourreau : Suis-je toi ? Si mon glaive avait été plus grand que ma rose… te demanderais-tu si j’agirais comme toi ? Pareille question attise la curiosité du romancier dans un bureau de verre ouvert sur les lys d'un jardin... Là où l'hypothèse est blanche comme la conscience de l'écrivain s'il règle ses comptes avec la nature humaine : Nul lendemain dans la veille, avançons donc ! Le progrès pourrait être le pont du retour à la barbarie... New York. Edward se réveille sur la paresse de l'aube. Il joue un air de Mozart. Dispute une partie de tennis sur le court de l'université. Médite sur la migration de l'oiseau par-delà fron¬tières et barrières. Parcourt le New York Times. Rédige sa chronique nerveuse. Maudit un orientaliste qui guide un général au point vulnérable du coeur d'une Orientale. Se douche. Choisit un costume avec l'élégance d'un coq. Boit son café au lait et crie à l'aube : Ne traîne pas ! Sur le vent, il marche. Dans le vent, il sait qui il est. Nul toit au vent. Ni demeure. Et le vent est une boussole Pour le nord de l’étranger. Il dit : Je suis de là-bas. Je suis d'ici et je ne suis pas là-bas ni ici. J'ai deux noms qui se rencontrent et se séparent, deux langues, mais j'ai oublié laquelle était celle de mes rêves. J'ai, pour écrire, une langue au vocabu¬laire docile, anglaise et j'en ai une autre, venue des conversa¬tions du ciel avec Jérusalem. Son timbre est argenté, mais elle est rétive à mon imagination ! Et l'identité ? je dis. Il répond : Autodéfense... L'identité est fille de la naissance. Mais elle est en fin de compte l'oeuvre de celui qui la porte, non le legs d'un passé. Je suis le multiple... En moi, mon dehors renouvelé... Mais j'appartiens à l'interrogation de la victime. N'étais-je de là-bas, j'aurais entraîné mon coeur à y élever la gazelle de la métonymie... Porte donc ta terre où que tu sois… et sois narcissique s’il le faut.
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) DÉPOSE ICI ET MAINTENANT Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes et donne à ta vie une autre chance de restaurer le récit. Toutes les amours ne sont pas trépas, ni la terre, migration chronique. Une occasion pourrait se présenter, tu oublieras la brûlure du miel ancien. Tu pourrais, sans le savoir, être amoureux d’une jeune fille qui t’aime ou ne t’aime pas, sans savoir pourquoi elle t’aime ou ne t’aime pas. Adossé à un escalier, tu pourrais te sentir un autre dans les dualités. Sors donc de ton moi vers un autre toi, de tes visions vers tes pas, et élève ton pont car le non-lieu est le piège et les moustiques sur la haie irritent ton dos, qui pourraient te rappeler la vie ! Vis, que la vie t’entraîne à la vie, pense un peu moins aux femmes et dépose ici et maintenant la tombe que tu portes !
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| Re : Poèmes de Mahmoud Darwich...( traduits) POUR NOTRE PATRIE Pour notre patrie, proche de la parole divine, un toit de nuages. Pour notre patrie, distante des attributs du nom, une carte de l’absence. Pour notre patrie, petite comme un grain de sésame, un horizon céleste … et un abîme caché. Pour notre patrie, pauvre comme les ailes de la grouse, des Livres saints … et une blessure à l’identité. Pour notre patrie, aux collines assiégées déchiquetées, les embuscades du passé nouveau. Pour notre patrie, butin de guerre, le droit de mourir consumée d’amour. Pierre précieuse dans sa nuit sanglante, notre patrie resplendit au loin, au loin, elle illumine alentour … mais nous, en elle, nous étouffons chaque jour davantage ! - - - - - - À JÉRUSALEM À Jérusalem, je veux dire à l’intérieur des vieux remparts, je marche d’un temps vers un autre sans un souvenir qui m’oriente. Les prophètes là-bas se partagent l’histoire du sacré … Ils montent aux cieux et reviennent moins abattus et moins tristes, car l’amour et la paix sont saints et ils viendront à la ville. Je descends une pente, marmonnant : Comment les conteurs en s’accordent-ils pas sur les paroles de la lumière dans une pierre ? Les guerres partent-elles d’une pierre enfouie ? Je marche dans mon sommeil. Yeux grands ouverts dans mon songe, je ne vois personne derrière moi. Personne devant. Toute cette lumière m’appartient. Je marche. Je m’allège, vole et me transfigure. Les mots poussent comme l’herbe dans la bouche prophétique d’Isaïe : "Croyez pour être sauvés." Je marche comme si j’étais un autre que moi. Ma plaie est une rose blanche, évangélique. Mes mains sont pareilles à deux colombes sur la croix qui tournoient dans le ciel et portent la terre. Je ne marche pas. Je vole et me transfigure. Pas de lieu, pas de temps. Qui suis-je donc ? Je ne suis pas moi en ce lieu de l’Ascension. Mais je me dis : Seul le prophète Muhammad parlait l’arabe littéraire. "Et après ?" Après ? Une soldate me crie soudain : Encore toi ? Ne t’ai-je pas tué ? Je dis : Tu m’as tué … mais, comme toi, j'ai oublié de mourir.
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